| Appel contre la transphobie d'État
- Pour le droit au mariage de Camille et Monica Paris, le lundi 5 juin 2006
Le maire de Rueil-Malmaison, refuse de marier Camille, transexuelle, femme pour l'état civil, et Monica, transgenre, homme pour l'état civil. Il en décide seul, selon des critères obscurs. Jeudi 26 mai, le procureur de Nanterre a pris la décision de s'opposer au mariage en prétextant une motivation «militante». Au préalable : une enquête, une demande de visite médicale, des questionnements sur leur «projet matrimonial» , autant d'attaques humiliantes contre Camille et Monica. L'état transphobe et lesbophobe met tout en uvre pour leur démontrer, ainsi qu'à l'ensemble de la société, que Camille et Monica sont des sous-citoyennes, dont les droits effectifs sont soumis à l'arbitraire. Des représentants de l'État pratiquent ouvertement des discriminations. Un homme ou une femme... quand ça les arrange/ Monica est trans. NéE homme, elle a un genre social féminin. Si elle souhaitait changer d'état civil, elle devrait satisfaire à des exigences réactionnaires : garantie de sa stérilité, prouesses psychologiques pour prouver qu'elle serait une vraie femme, opérations médicales obligatoires. Toutes ces démarches seraient soumises au bon vouloir de psychiatres officiels qui définissent les protocoles de changement de sexe. Dans ce parcours, les trans sont considéréEs comme des malades mentaLEs - pour l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme pour le système de soins français. ELLEs n'ont rien à dire. Ce système transphobe dénie le droit de disposer de son corps et impose notre état civil : un homme c'est comme «ça» et pas autrement. Ainsi, pour l'état civil elle est un homme... sauf que... Lorsqu'elle se présente à la mairie de Rueil-Malmaison pour organiser son mariage avec Camille dont la carte d'identité stipule qu'elle est une femme, rien ne va plus ! Le maire engage des procédures diverses pour annuler ce mariage. Malgré plusieurs tentatives rejetées parce qu'infondées, il obtient une enquête et le report du mariage d'un mois. Monica serait devenuE femme ? Célébrer un mariage entre deux personnes de même genre dégoûterait le maire ? Ou est-ce parce que Camille est transsexuelle ? Deux normalités contradictoires/ On nous le dit, on nous l'impose : le mariage est réservé à l'union d'un homme et d'une femme, dans cet ordre, l'ordre des choses. Le mariage est un privilège hétérosexuel et il institue la normalité. On nous le dit, on nous l'impose, le genre s'hérite du sexe de naissance ou s'arrache à des experts normatifs, après des années de démarches et d'infantilisation... Refusons l'arbitraire transphobe !/ Le Ministre de l'Intérieur,
pourtant si prompt à annuler le mariage de Bègles, reste
muet face à l'acharnement du maire de Rueil-Malmaison. Encéphalogramme
plat également du côté de la HALDE [1], pourtant présentée
par Jacques Chirac comme la panacée de la lutte contre les discriminations./
Nous n'avons que faire du jugement personnel du maire./ Nous attendons
du procureur, qu'il se contente de faire appliquer la loi commune
à touTEs, trans ou pas !/ Nous exigeons que le mariage de Camille
et Monica ait lieu sans plus de délai. Ainsi que : Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris ap. PC) - Olivier Besancenot (porte parole de LCR) - Patrice Bessac (Conseiller régional PC) - Martine Billard (députée de Paris, Les Verts) - Marie- Hélène Bourcier (sociologue, université de Lille III, activiste Queer) - Sergio Coronado (Les Verts, porte parole) - Pierre Quay-Thevenon (maire adjoint PC de Saint-Denis 93) - Pierre Tévanian (président du MRAP-Paris 20ème) - Louis-Georges Tin (fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie) - Sylvie Tissot (sociologue, université de Strasbourg-Marc Bloch) - Roselyne Vachetta (porte parole de LCR)... Pour signer : http://www.petitiononline.com/505055/petition.html [1] Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité
© AN NOU ALLÉ ! CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer | Association des NoirEs lesbiennes, gais, bi & trans en France
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