Rivière-Salée, le dimanche 3 septembre 2006
Ce dimanche 3 septembre 2006, un an et cinq mois après la mort de Jean-Paul II le 2 avril 2005, le maire de Paris a débaptisé (sic) le parvis de Notre-Dame pour lui donner le nom du défunt pape. Durant 26 années de règne de Karol Wojtyla, le sida a fait près de 26 millions de morts mais jamais il n'aura usé de son autorité morale, considérable en Afrique, aux Antilles et en Amérique latine, pour favoriser l'utilisation du préservatif - seul rempart contre l'épidémie. Au contraire, il aura cautionné les violences sexistes et homophobes par ses paroles ou, à tout le moins, par son silence. Ainsi, le 31 juillet 2003, avec un cardinal dénommé Joseph Ratzinger, il rendait publiques des considérations homophobes «à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles » [a] ; le lendemain, Jean-Pierre Humblot était assassiné à Nancy sans que l'église catholique s'en émeuve. Les victimes du sida et de l'homophobie, Bertrand Delanoë, apparemment touché par la grâce, n'en a eu cure (re-sic). Des considérations électoralistes l'ont amené à préférer organiser une «Catho Pride » avec les militantEs d'extrême-droite qui ont inauguré la place Jean-Paul-II en menaçant les militantEs d'An Nou Allé (et des autres organisations signataires de l'appel à manifester lancé le 31 août [b]). En si bonne compagnie, le maire socialiste (?) n'aura pu prendre connaissance des interpellations portées par les militantEs d'An Nou Allé : «1971 : j'adhère au PS. 2001 : je deviens maire
de Paris. 2006... les élections approchent. Pour moi, Paris vaut
bien une messe ! Profondément respectueuse des nouvelles convictions de Bertrand Le Très-Catholique, An Nou Allé ne manquera pas lui souhaiter bonne fête en la prochaine Saint-Bertrand-de-Comminges et propose à Homosexualité & Socialismes (étrangement silencieuse sur ce sujet) ainsi qu'aux autres signataires de l'appel du 31 août de se joindre à elle à cette occasion le lundi 16 octobre à 18h30 devant la statue du chevalier de la Barre, «supplicié à l'âge de 19 ans le 1er juillet 1766 pour n'avoir pas salué une procession » [c].
[a] «Considérations
à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre
personnes homosexuelles » :
© AN NOU ALLÉ ! CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer | Association des NoirEs lesbiennes, gais, bi & trans en France
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