Paris, le samedi 21 octobre 2006
An Nou Allé est née le 27 juin 2004 de l'impulsion de deux Martiniquais qui envisageaient la création d'un CGL à la Martinique. Depuis cette date, le caractère métissé des populations antillaises, guyanaises, ultramarines et africaines en France ultramarine ou hexagonale a conduit An Nou Allé à évoluer. Elle est désormais «CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer» et, simultanément, «Association des NoirEs LGBT & de leurs amiEs en France»./ CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer, car il s'agit de créer des lieux d'accueil, d'écoute, de soutien et d'orientation à destination des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH/sida dans la France ultramarine. Ces lieux, véritables CGL ou Centres LGBT, devront jouer un rôle de référentiel pour ces personnes et leur permettre notamment de ne pas devoir rejoindre la diaspora ultramarine pour vivre leur identité./ Association des NoirEs LGBT & de leurs amiEs en France, car ce serait un non-sens de veiller aux intérêts des populations LGBT en Outre-Mer si l'on ne veillait simultanément aux intérêts des populations LGBT d'origine ultramarine en France hexagonale, et ce serait un autre non-sens de veiller aux intérêts de ces dernières populations sans veiller simultanément aux intérêts des populations LGBT noires en France, qu'elles soient d'origine africaine, latino-américaine, océanienne... et ce en raison d'une communauté d'histoire, de culture et d'expérience sociale. An Nou Allé répond, certes, au besoin de se retrouver pour échanger entre pairs à partir de trajectoires communes, mais ne se situe pas dans un repli identitaire puisqu'elle est ouverte, comme son nom l'indique, à toute personne intéressée par la cause noire LGBT sans distinction de couleur./ C'est le sens de la candidature de l'antenne Paris-Île-de-France d'An Nou Allé au Conseil d'orientation de l'Inter-LGBT : c'est bien un combat universel que mène An Nou Allé, déjà membre du CRAN aux côtés des NoirEs en France et membre de la Fédération des Centres LGBT, du RAVAD et de l'ILGA aux côtés des populations LGBT. An Nou Allé agit selon quatre axes stratégiques : vie sociale (accueil, écoute, convivialité, visibilité...), politique (revendication, lutte contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie...), santé (lutte contre le suicide, le VIH, les IST...) et solidarité internationale (action auprès des LGBT d'Afrique, construction d'une fédération mondiale des NoirEs LGBT...)./ Nous mettons également en place un groupe Trans (dénommé «Trans Nou Allé»), un groupe Jeunes noirEs LGBT et un groupe Femmes noires LBT./ Notre antenne Martinique a d'ores et déjà réussi à faire évoluer les mentalités locales. Nous espérons pouvoir en faire bientôt de même en Guadeloupe et en Guyane. Nous n'avons à l'heure actuelle pas d'autre antenne ultramarine, mais nous développons un partenariat renforcé avec Homo-Sphère et Gay-Union, associations membres de la Fédération française des Centres LGBT, qui accomplissent un formidable travail en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion. Notre président, Louis-Georges Tin, est le directeur du Dictionnaire de l'homophobie paru aux PUF, le fondateur de l'IDAHO (Journée mondiale de lutte contre l'homophobie) et le trésorier adjoint du RAVAD./ Notre vice-président Martinique-Guadeloupe-Guyane, Alain Oncins, s'investit avec succès et courage en Martinique, fort de son expérience dans le secteur associatif de l'aide aux personnes handicapées./ Notre secrétaire général, David Auerbach Chiffrin, membre de la commission Communication du CRAN, secrétaire national de la Fédération française des Centres LGBT, apporte son expérience du militantisme associatif et politique. Depuis notre fondation, nous avons mené plusieurs actions et campagnes, dont il est rendu compte sur notre site Internet. On peut citer notamment notre campagne actuelle, menée depuis le 14 décembre dernier, contre les propos homophobes et contraires à la laïcité tenus par trois politiciens antillais (dix communiqués, une lettre ouverte signée par 36 associations dont une bonne part d'entre vous, que nous remercions, 23 fédérations socialistes interpellées à travers la France par les associations de la Fédération des Centres LGBT, plus de 16 députéEs PS et apparentéEs, plus de 9 sénateurs et sénatrices PS et apparentéEs, plus de 3 députéEs européenNEs PS...). Cette campagne commence à donner quelque résultat, notamment grâce au soutien d'HES, qu'il faut saluer, mais ce résultat n'est pas acquis et le dialogue avec le PS reste difficile. On peut également citer des actions contre l'homophobie du Comité martiniquais du tourisme, de l'hôtel de police de Fort-de-France, des chanteurs intervenant lors du Festival culturel de Fort-de-France... Nous menons également des actions de terrain, comme la distribution de capotes dans les boîtes de nuit fréquentées par les NoirEs LGBT à Paris, ou la distribution de tracts lors de la dernière ExisTrans' et lors des deux dernières Marches des fiertés LGBT à Paris. C'est d'ailleurs justement cette dernière action qui nous amène ici : marchant avec vous depuis deux ans, solidaire de facto de vos actions, nous souhaitons pouvoir l'être de jure afin d'être pleinement à vos côtés lors de la Marche annuelle et afin de pouvoir vous manifester notre solidarité, ce que nous ne manquerons pas de faire, comme de vous demander à bénéficier de la vôtre, ce que nous ne manquerons pas de faire non plus !
© AN NOU ALLÉ ! CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer | Association des NoirEs lesbiennes, gais, bi & trans en France
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