(An Nou Allé et SOS homophobie demandent une politique de lutte contre l'homophobie à Fort-de-France) Rivière-Salée, le vendredi 3 novembre 2006
Le 12 juillet dernier, lors du XXXVème Festival culturel de Fort-de-France, des «artistes» comme D. Pleen, Straika et Lieutenant avaient interprété des chansons au contenu explicitement homophobe : «Je bute les pédés», «Brûlez les pédés», «Saignez les pédés», «On n'a rien à attendre de l'Europe, y'a que des homos là-bas»... Le 7 août, An Nou Allé saisissait Charles-Henri Michaux (président de la commission Culture de la ville de Fort-de-France et président du conseil d'exploitation du SERMAC, service municipal d'action culturelle de Fort-de-France), ainsi que Lydie Bétis (directrice du SERMAC). Le 3 octobre, par une lettre à An Nou Allé, Charles-Henri Michaux a pris position contre «ces incidents que nous ne saurons tolérer» et qu'il a qualifié de «regrettables». Il a précisé que les contrats liant le SERMAC aux artistes à l'occasion des concerts organisés par la ville de Fort-de-France intègreraient désormais une «clause interdisant tout propos discriminatoire». Il a ajouté que cette clause s'étendrait aux «interviews accordés pour ces mêmes manifestations». Par retour de courrier du vendredi 27 octobre, An Nou Allé et SOS homophobie se sont félicitées de cette prise de conscience de la gravité des propos tenus - et de la justesse de la réaction de la municipalité foyalaise. Les associations ont souligné que la clause évoquée par Charles-Henri Michaux pourrait utilement renvoyer à l'article 24 alinéa 9 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée sur la liberté de la presse (qui prévoit des peines d'un an d'emprisonnement ou de 45.000 euros d'amende pour les propos tenus). Enfin, An Nou Allé et SOS homophobie ont renouvelé la demande de rendez-vous déjà formulée par An Nou Allé le 7 août en vue de d'étudier les conditions de mise en place d'une politique de lutte contre l'homophobie à Fort-de-France, incluant notamment le conseil municipal des jeunes, dont les participantEs sont les relais auprès de ce jeune public, premier consommateur malgré lui, et par ignorance, de «lyrics» sexistes et homophobes.
© AN NOU ALLÉ ! CGL Antilles-Guyane & Outre-Mer | Association des NoirEs lesbiennes, gais, bi & trans en France
|